06/12/08
Place et histoire du Quadrigatus au sein du monnayage primitif Romain ,répartition des principales trouvailles de "trésors" .
Une ligne indique une relation définie,les pointillés une relation probable.
Les étoiles rouges symbolisent les trésors monétaires contenant des Quadrigati.
Sources: "La numismatique Romaine de la république au haut empire"Andrew Burnett,traduction Georges Depeyrot
Classification par type stylistique
Groupe1: légende incuse dans une tablette :
- Tablette rectangulaire
- Tablette Trapézoidale
Groupe2 :légende « mixte »
Groupe3 :légende en relief sur une tablette
Groupe4 :légende en relief dans un cartouche :
- Cartouche rectangulaire
- Cartouche trapézoidale
- Cartouche trapézoidale d’un côté réctangulaire de l’autre
Groupe5 :légende en relief avec le symbole de l’épis
Les ateliers de Quadrigati
A la suite des didrachmes,les Quadrigati ont été longtemps englobés dans le monnayage « Romano-campanien »,ce qui paraissait régler le problème de leur lieu d’émission au profit de la Campanie ,on chercha à déterminer le milieu artistique italien ou pouvait se pratiquer une manière de travailler aussi éclectique et dépourvue de sens stylistique que celle des graveurs de Quadrigati, et on conclu en faveur de la Campanie. Non pas la Campanie grecque, mais les villes Osques, en particulier Capoue et Calès. L’auteur de cette théorie ,L.Breglia pensait étayer sa conclusion en comparant les Quadrigati aux bronzes campaniens qui s’avérèrent au contraire être des imitations des Quadrigati ,postérieurs d’une vingtaine d’années à leur création.
Une autre école de pensée attribuait au Quadrigatus une origine sicilienne en s’appuyant essentiellement sur des arguments typologiques. Le fait que seuls les Quadrigati au symbole de l’épi soient incontestablement frappés en Sicile incite à renoncer à cette hypothèse.
En revanche ,l’idée selon laquelle les Quadrigati furent en totalité ou en partie de frappe romaine urbaine est apparue rapidement. D’Ailly l’exprime sans ambiguité (Mon.rom .I,p155). H.Mattingly s’y rallia à son tour (The first age of roman coinage,JRS XXXV,1945,p.69-74 ;id.,The various style of roman coinage,NC6 IX,1949,p.64-66.): Fidèle à la théorie des quatre ateliers qu’il avait déjà dévellopé pour les Didrachmes, il admettait que le Quadrigatus avait commencé à être frappé à l’atelier A (Rome) dans le même temps (entre 235 et 218) que les Didrachmes ROMA étaient frappés ailleur. Par la suite ,la frappe des Quadrigati s’était étendue à des ateliers auxiliaires tout comme celle du bronze Janus /Proue. Mattingly divisait la production de Quadrigatus en six styles différents. Le premier, le style A, provenait de l’atelier de Rome et continuait à la manière du Didrachme Syd.6, avec la facture caractéristique de l’œil et de l’arcade sourcilière.Les trois styles suivants , B,C et D qu’il ne faut pas confondre avec les quatre ateliers de Didrachmes, étaient des variétés ou des dérivés du style A. Les deux derniers styles , E et F, étaient attribués l’un à un atelier non romain ,l’autre à un atelier sicilien.
La comparaison des Quadrigati avec des séries de bronzes à la proue avait montré à H.Mattingly que les pièces frappées des réductions de l’aes grave suivaient l’évolution stylistique des Quadrigati, principalement celle du style A. Il exprimait donc l’espoir que l’on trouverait un jour des as et aussi des victoriati (qu’il croyait alors contemporains des Quadrigati) qui correspondraient à toutes les variétés stylistiques des Quadrigati. En réalité sa théorie souffre de plusieurs erreurs de chronologie relative,surtout pour les rapports entre les Didrachmes, les Quadrigati et les Victoriati . Elle s’appuie aussi sur un classement peu rationnel des Quadrigati . Enfin elle n’explique que difficilement ce que sont devenus les quatre ateliers de Didrachmes après le généralisation de Quadrigatus. Ses mérites sont cependant d’attribuer à Rome une bonne part des émissions, et aussi d’étudier d’une manière parallèle l’évolution des Quadrigati et celle de l’aes grave à la proue.
C’est en faveur de Rome que s’exprimait la conviction de P. le Gentilhomme : « Nous ne voyons pas la nécessité de refuser à l’atelier du Capitole les plus beaux produits de ce monnayage » ; seul à son avis, le groupe de Quadrigati marqué du symbole de l’épi relève avec certitude d’un atelier non romain, probablement sicilien. Enfin , R.Thomsen ( ERC III,p.164sqq. ;Id.,Quadrigatus,in P .W.,RE XXIV ,col.705.) a démontré d’une façon que nous croyons définitive que les Quadrigati dont le style continue celui des Didrachmes Syd.6 et 21 ROMANO et des Didrachmes ROMA, ont été frappés à l’origine par l’atelier de Rome.
La démonstration de L. Breglia prend ici un relief nouveau et nous permet d’aboutir à une conclusion que son auteur ne prévoyait pas, mais qui nous parait néanmoins assurée : Au moment de la création du Quadrigatus, P .Le Gentilhomme croyait en la présence d’artistes grecs à Rome, mais les méthodes de travail employées pour en composer les effigies interdisent semble t’il cette hypothèse. Or en s’appuyant sur des analyses très suggestives de H.B Mattingly, R. Thomsen à montré que le style particulier des premières pièces d’argent frappées au Capitole,les Didrachmes Syd.6 et Syd.21, pourrait être dû à la présence d’une équipe d’artistes venus d’Alexandrie.
Mais cette équipe même si elle à été renouvelée à l’occasion,n’a pas pu être maintenue indéfiniment.On lui à sans doute demandé de former des élèves, afin de doter l’atelier de Rome de graveurs qualifiés. C’est pourquoi il semblerait que l’introduction du Quadrigatus vers 228 av JC marqua l’avènement d’une première génération de graveurs proprement romains. Plein de zèle ils manifestèrent devant l’art grec un vif désir d’imiter et d’assimiler. Aussi les virent-on puiser indistinctement dans le trésor des effigies monétaires grecques, mais livrés à eux-mêmes ,le niveau de leur production baissa.
Plus tard , en liaison avec l’énorme effort de guerre que Rome fournit contre Hannibal tant en Italie même qu’en Sardaigne et en Sicile, très vite le seul atelier de Rome se révéla insuffisant.
Etudiant un trésor trouvé à Syracuse et enfoui sans doute en 214 av JC avant le siège de la ville , Mattingly à montré que la grand variété de styles qu’on remarque parmi les Quadrigati de ce trésor, et qui sont tous à peu près de la même fraicheur, indique que la deuxième guerre punique à provoqué une grande diffusion de la production monétaire, et l’ouverture de plusieurs ateliers succursales de celui de Rome pour la frappe des Quadrigati. C’est ce que montrent également les Quadrigati qui portent le symbole de l’épi et qui ont été frappés pour les besoins de Marcellus en Sicile.
Ces ateliers devaient travailler vite pour émettre , avec des moyens restreints ,d’immenses quantités de monnaies, les méthodes de multiplication des coins n’étant pas au point , il est naturel que la facture subit une forte baisse. Le recrutement des graveurs , aussi ,devait être de plus en plus aléatoire .
Avec la création du Denier, on procéda à une réorganisation générale,sans doute avec l’aide d’un nouvel afflux de cadres grecs. Ce nouveau départ explique bien la haute qualité des premiers Denier tout comme l’avait été celle des premiers Quadrigati .
Sources : Zehnacker
Exemple de Quadrigatus trés soigné du premier style (A) reconnaissable aux favoris longs et aux deux petits anneaux au sommet d'une tête Janiforme exceptionnelle et fortement hellenisée; la forme en léger arc de cercle de la troncature du coup est elle aussi caractéristique des plus anciens exemplaires de ce type de monnayage. Au revers ( voir haut de page) inscription ROMA incuse dans une tablette réctangulaire . Lettre A de style complètement grec.
Cliquez sur les images pour les agrandir.
28/08/08
Aux Sources du monnayage d'argent romain
Didrachme Romano-campanien ou "Quadrigatus":Atelier : Italie du sud vers 222 BC,Dimensions:23,8mm/6,63grms
Avers: Anépigraphe,tête imberbe janiforme des dioscures.
Revers : inscription ROMA incuse dans un cartouche en relief à l'exergue. Jupiter dans un quadrige galopant à droite,conduit par une victoire ailée tenant les rennes .Jupiter tenant un foudre de la main droite, un sceptre long de la gauche. Lettre "A" et style général de la monnaie fortement héllenisé.
Réf: RCV.31 - RSC.23 - BMC/RR.82
Consevation:SUP
Ce monnayage débute entre 235 et 226 av J.C. Il sera remplacé par le denier vers 211 av J.C. Cette période est marquée par le début de la seconde guerre punique en 218 av J.C; les Romains perdent la bataille à Cannes le 2 Aout 216 av J.C contre les Carthaginois d'Hannibal.











