Une Monnaie exceptionnelle,un as de Claude au style et mensurations hors normes
Avec ses dimensions casi "sesterciennes" ( 17,52grms pour un poids théorique de 10,82grms et 32mm de diamètre) cet as fait figure d'exception selon les numismates consultés qui n'hésitent pas à la qualifier de "médaillique".D'un style tout à fait officiel, une des explications plausible serait que la monnaie fusse frappée sur un flan de dupondius déjà trés lourd à l'origine..quelques réactions:
Avis de Dominique Hollard expert au cabinet des médailles de Paris:
"Votre as de Claude est réellement surprenant. En effet, même en tenant compte du fait que les monnaies romaines étaient taillées al libra (à la livre), c'est -à-dire que les poids individuels étaient moins importants que le respect du nombre de monnaies réalisées avec une quantité donnée de métal, son poids est vraiment hors norme, surtout pour cette période. Au IIIe siècle, il n'est pas rare de trouver des antoniniens officiels dont le poids, au sein d'une même émission, peut varier du simple au double, mais cela est exclu pour le bronze julio-claudien.
La seule hypothèse concevable est que cette monnaie a été frappée sur un flan de dupondius, dont certains atteignent les 17 g. Si cela est bien le cas, votre monnaie devrait être en laiton (orichalque, Cu/Zn), donc jaune et non en cuivre (rouge). Une analyse permettrait de le vérifier.
S'il s'agit bien d'un dupondius, au vu de la qualité et du style tout à fait officiel de votre exemplaire, il ne peut s'agir que d'une confusion des monnayeurs lors de la frappe."
Avis de Laurent Schmitt, expert numismate:
"Votre as est en effet sur un flan exceptionnel. Au XIXe siècle, on disait de "médaillon".(...) Votre exemplaire est en plus en très bon état de conservation d'après votre photo, ce qui lui donne une plus value supplémentaire."
Avis de Curtis Clay
"Your As was struck not at Rome, but at a Spanish branch mint, probably Tarraco, where I think overweight coins occur more commonly than at Rome.
The style of your As, particularly the letter forms, is that of the sestertii and dupondii of the Pobla de Mafumet hoard found near Tarraco, and published by H.-M. von Kaenel.
That the coins of this style must come from a branch mint was recognized for the first time by L. Laffranchi in 1948. Von Kaenel, in his monograph on Claudius, called these coins "Group B", though he wrongly attributed them to a private workshop in Rome commissioned by the government to help with the production of official coins. Unfortunately Sutherland in his revised RIC I and Giard in his Paris catalogue ignored Laffranchi's important discovery that several provincial branch mints must have participated in the production of Claudius' bronze coinage in 41 and at the beginning of 42."
Etat de conservation: SUP
Deux Frères dans l'Empire..

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Germanicus jouissait d'une popularité qui dépassait de loin ses mérites militaires. Seul descendant mâle des Julii suffisamment avancé en âge, symbole même du jeune homme bon et vertueux que tout destine à la gloire du Principat, adulé par la population et par les troupes, il ne pouvait que faire de l'ombre à Tibère. « Mais les sentiments que Germanicus inspirait se manifestèrent avec beaucoup plus d'éclat et de force quand il mourut et après sa mort. Le jour où il périt, on lança des pierres contre les temples, on renversa les autels des dieux, certains particuliers jetèrent à la rue les lares de la famille ou exposèrent leurs enfants nouveau-nés. On raconte même que les barbares alors en guerre entre eux ou contre nous consentirent à une trêve, comme s'ils avaient perdu l'un des leurs et partagé notre affliction; que certains petits rois, en signe de très grand deuil, se coupèrent la barbe et firent raser la tête de leurs femmes ; que le roi des rois lui-même s'abstint de chasser et de recevoir les grands à sa table, ce qui chez les Parthes, correspond à la suspension des affaires.
Suétone "La vie des douze césars" |
Claude naquit à Lyon, sous le consulat de Julius Antonius et de Fabius Africanus, le premier août, le jour même où, pour la première fois, on y avait consacré un autel à Auguste. Il fut appelé Tiberius Claudius Drusus; mais son frère aîné ayant ensuite passé par adoption dans la famille Julia, il prit le surnom de Germanicus. Abandonné par son père dans son enfance, il la passa tout entière, ainsi que sa jeunesse, dans des maladies diverses et opiniâtres qui le rendirent si faible de corps et d'esprit, que, parvenu à l'âge de remplir des fonctions, on le regarda comme incapable de tout emploi public ou privé. Longtemps encore, après qu'il fut sorti de tutelle, il fut confié à la garde d'autrui, et placé sous les ordres d'un précepteur étranger qui avait été autrefois inspecteur des haras. Dans un mémoire, il se plaignit qu'on avait mis à dessein cet homme auprès de lui pour lui faire souffrir, sous mille prétextes, toutes sortes de mauvais traitements. L'état de sa santé fut cause encore qu'il présida contre l'usage, la tête couverte d'une cape, à un spectacle de gladiateurs, qu'il donna conjointement avec son frère en l'honneur de son père, et que, lorsqu'il prit la toge virile, il fut porté en litière au Capitole, vers le milieu de la nuit, sans aucune solennité. |
17/03/09
Corpus épigraphique et stylistique des monnaies de bronze de l'empereur Galba
Durant le règne éphémère de l'empereur Galba , 7 officines différentes battèrent monnaies ,elles sont nommées par Colin M Kraay ("The AES Coinage of Galba "1956) officine A ,B,C,D,E,F,G
J’ai fait ici l'inventaire des differentes combinaisons de droit et de revers pour les monnaies de bronze et ceci pour chaque officine (important: l'officine F semble produire depuis la ville de Lyon et quelques incertitudes demeurent quand à la situation de l'officine G)
Nota Bene: le terme "lauré" regroupe les couronnes de lauriers et celles de feuilles de chêne.
Officine A (Rome,Fin Septembre/fin Décembre 68 AD):
Légendes de "droit"
SER GALBA IMP CAES AVG TR P
SER GALBA IMP CAES AVG P M TR P
Types de portraits associés :
-Tête laurée à droite.
-Buste lauré à droite muni d'un globe à sa pointe.
-Buste et tête laurée à droite.
Revers associés:
Pour : SER GALBA IMP CAES AVG TR P / Tête laurée à droite.
1)ROMA à gauche assise sur une armure appuyée sur un bouclier /SC.
2)ROMA debout à gauche tenant une enseigne et se s’adossant contre un trophée d’armes. De gauche à droite , R XL / SC.
3)Une Victoire à gauche tenant un paladium / SC.
4)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
5)LIBERTAS AVGVST R XL/SC.
6)ROMA debout à gauche tenant une enseigne et une figuration de la Paix, et s’adossant contre un trophée d’armes.R XL /SC.
7)PAX assise à gauche tenant une branche. A l’exergue, PAX AVGVST/SC.
9)Une victoire à gauche tenant une couronne de feuilles /SC.
10)ROMA debout à gauche tenant une enseigne et une figuration de la paix ,et se penchant sur un trophée /SC.
11)LIBERT AVG/ SC .
12)ROMA assise à gauche sur des armes, tenant une lance/SC.
13)LIBERT AVG R XL/SC.
14)EXSC/OBCIVES/SER dans une couronne de feuilles.
15)ROMA debout à gauche tenant une victoire et une lance/SC.
16)Livia assise à gauche,légende AVGUSTA à l’exergue /R XL /SC.
17)LIBERTAS AVGVSTA/SC.
18)ROMA assise à gauche sur un petit bouclier /SC.
19)ROMA assise à gauche tenant une lance, deux jambières posées en diagonale à droite/SC.
20)ROMA assise à gauche deux jambières posées verticalement /SC .
Pour : SER GALBA IMP CAES AVG TR P/ Buste lauré à droite sans globe à sa pointe.
1)ROMA assise à gauche sur des armes /SC.
2)LIBERT AVG R XL/SC.
Pour : SER GALBA IMP CAES AVG TR P/ Buste lauré à droite muni d’un globe à sa pointe.
1)LIBERT AVG R XL/SC.
2)LIBERT AVG / SC .
3)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
4)Une victoire à gauche tenant un palladium/SC.
Pour : SER GALBA IMP CAES AVG P M TR P/ Tête laurée à droite.
1)LIBERTAS AVGVSTA/SC .
2)EXSC/OB/CIVES/SER dans une couronne de feuilles.
Pour cette officine, 6 coins de revers en commun avec l'officine D.
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine A :27(24 pouvant être datés de fin Septembre 68 et 2 posterieurs au 22 Décembre 68 ,date à laquelle galba devint Pontifex Maximus.
Officine B (Rome,Aout/fin décembre 68 AD) :
Légendes de « droit »
IMP SER GALBA CAE AVG TR P
IMP SER GALBA CAES AVG TR P
IMP SER GALBA CAESAR AVG TR P
IMP SER GALBA CAES AVG P M TR P
IMP SER GALBA CAES AVG PON M TR P
IMP SER GALBA CAESAR AVG P M TR P
Types de portraits associés :
-Tête laurée à droite.
-Buste lauré à droite.
-Tête laurée à gauche.
Revers associés :
Pour : IMP SER GALBA CAE AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)Livie assise à gauche,à l’exergue, AVGVSTA /SC.
Pour : IMP SER GALBA CAE AVG TR P/Buste lauré à droite.
1)Une victoire debout à gauche tenant un Palladium/SC.
2)LIBERTAS PVBLICA/SC.
3)Livie assise à gauche,à l’exergue,AVGVSTA /SC.
Pour IMP SER GALBA CAE AVG TR P/Tête laurée à gauche.
1)CONCORD AVG/SC la concorde assise à gauche tenant une branche.
2) Livie assise à gauche,à l’exergue,AVGVSTA /SC.
Pour : IMP SER GALBA CAES AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)CONCORD AVG/SC.
2)Une victoire à gauche tenant un palladium/SC.
3)Livie assise à gauche,à l’exergue,AVGVSTA /SC.
4)LIBERTAS PVBLICA/SC.
Pour :IMP SER GALBA CAES AVG TR P/Buste lauré à droite.
1)CONCORD AVG/SC.
2)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
3)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC
4)ROMA debout à gauche tenant une victoire/SC.
5)Livie assise à gauche,à l’exergue,AVGVSTA /SC.
Pour :IMP SER GALBA CAESAR AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)CONCORD AVG/SC.
2)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
3)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
4)LIBERTAS PVBLICA/SC.
5)Livie assise à gauche,à l’exergue,AVGVSTA /SC.
Pour :IMP SER GALBA CAESAR AVG TR P/Buste lauré à droite.
1)CONCORD AVG/SC.
Pour :IMP SER GALBA CAES AVG P M TR P/Tête laurée à droite.
1)ROMA debout à gauche tenant une victoire/SC.
Pour :IMP SER GALBA CAES AVG P M TR P/Tête laurée à gauche.
1)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
Pour :IMP SER GALBA CAES AVG PON M TR P/Tête laurée à droite.
1)CONCORD AVG/SC.
2)ROMA debout à gauche tenant une victoire/SC.
3)LIBERTAS PVBLICA/SC.
4)Livie assise à gauche,à l’exergue,AVGVSTA /SC.
Pour :IMP SER GALBA CAESAR AVG P M TR P
1)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine B :19(14 pouvant être datés entre début Aout et le 22 Décembre 68 ,date à laquelle galba devint Pontifex Maximus,et 4 coins posterieurs.
Officine C (Rome,Aout/fin Décembre 68 AD) :
Légendes de « droit »
SER GALBA IMP CAESAR AVG TR P
SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P
SER GALBA IMP CAESAR AVG PON MA TR P
SER GALBA IMP CAESAR AVG PONT MAX TR P
SER GALBA IMP CAESAR AVG PO MA TR P
Types de portraits associés :
-Tête laurée à droite
-Buste drapé et tête laurée à droite.
-Tête laurée à gauche.
Revers associés :
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)CONCORD AVG/SC à l’exergue.
2)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC
3)SPQR/O-B/CIVES/SERVATOS dans une couronne de feuilles .
4)SALVS AVGVSTA , la Santé assise à gauche tenant un scèptre et une patère/SC à l’exergue.
5)Une victoire à gauche tenant une couronne de feuilles/SC.
6)LIBERTAS PVBLICA/SC.
7)ROMA debout à gauche tenant une victoire/SC.
8)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
9)EXSC/OB/CIVES/SERVATOS dans une couronne de feuilles.
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Buste lauré à droite.
1)Une victoire à gauche tenant une couronne de feuilles/SC.
2)ROMA debout à gauche tenant une victoire/SC.
3)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
4)LIBERTAS PVBLICA/SC.
5)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
6)SPQR/O-B/CIVSER dans une couronne de feuilles.
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Tête laurée à gauche.
1)SPQR/O-B/CIVES/SERVATOS dans une couronne de feuilles.
2)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
3)SPQR/O-B/CIVSER dans une couronne de feuilles.
4)EXSC/OB/CIVES/SERVATOS dans une couronne de feuilles.
5)CONCORD AVG/SC à l’exergue.
6)LIBERTAS PVBLICA/SC.
7)ROMA debout à gauche tenant une victoire/SC.
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P /Tête laurée à droite.
1)CONCORD AVG/SC à l’exergue.
2)SPQR/O-B/CIVES/SERVATOS dans une couronne de feuilles.
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Tête laurée à gauche.
1)SALVS AVGVSTA , la Santé assise à gauche tenant un scèptre et une patère/SC à l’exergue.
2) Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG PON MA TR P /Tête laurée à droite.
1)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
2)CONCORD AVG/SC à l’exergue.
Pour : SER GALBA IMP CAESAR AVG PONT MAX TR P/Tête laurée à droite.
1)SPQR/O-B/CIVES/SERVATOS dans une couronne de feuilles.
2)LIBERTAS PVBLICA/SC.
Pour :SER GALBA IMP CAESAR AVG PO MA TR P/Tête laurée à droite.
1)LIBERTAS PVBLICA/SC.
Pour cette officine, 3 coins de revers en commun avec l'officine E.
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine C :38(19 pouvant être datés entre début Aout et Septembre 68 ,12 coins s'étalant de Septembre au 22 Décembre 68 date à laquelle galba devint Pontifex Maximus,et 7 coins posterieurs à cette dernière date.
Officine D(Rome,Juillet/fin Septembre 68)
Légendes de « droit »
IMP SER GALBA AVGVSTVS
IMP SER GALBA AVG TR P
SER GALBA IMP CAES AVG
SER GALBA IMP CAES AVG TR P
Types de portraits associés :
-Tête laurée à droite.
-Buste drapé et tête laurée à droite.
-Tête laurée à gauche.
-Buste drapé et tête laurée à gauche.
-Tête nue à droite .
-Buste drapé et tête nue à droite.
Revers associés :
Pour :IMP SER GALBA AVGVSTVS/Tête laurée à gauche.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
Pour :IMP SER GALBA AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
2)ROMA assise à gauche tenant une lance/SC.
3)ROMA assise à gauche tenant une lance, à droite une jambière/SC.
4)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
5)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
Pour : IMP SER GALBA AVG TR P/Buste drapé et tête laurée à droite.
1)Une victoire à gauche tenant une couronne de feuilles/SC
2)ROMA assise à gauche sur un bouclier gravé de la louve et des jumeaux, à droite une jambière/SC .
3)ROMA assise à gauche,un bouclier posé sur un casque/SC.
4)ROMA assise à gauche, une victoire gravée sur le bouclier/SC.
5)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
6)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
7)LIBERTAS PVBLICA/SC.
Pour : IMP SER GALBA AVG TR P/Buste drapé et tête laurée à gauche.
1)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC
2)ROMA assise à gauche,un bouclier posé sur un casque/SC.
3)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
4)ROMA assise à gauche/SC.
Pour : IMP SER GALBA AVG TR P/Tête nue à droite.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
Pour : IMP SER GALBA AVG TR P/ Buste drapé et tête nue à droite.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
Pour :SER GALBA IMP CAES AVG/Buste drapé et tête laurée à droite.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
2)ROMA assise à gauche/SC.
3)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
Sesterce émanant de l'officine D
Pour : SER GALBA IMP CAES AVG TR P/ Buste drapé et tête laurée à droite.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
2)ROMA assise à gauche/SC.
3)Une victoire à gauche tenant un Palladium/SC.
4)ROMA assise à gauche,un bouclier posé sur un casque
5)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
6)LIBERT AVG (exemplaire donné comme faux)
Pour : SER GALBA IMP CAES AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)SPQR/OB/CIVSER dans une couronne de feuilles.
2)ROMA assise à gauche, à droite deux jambières et un arc/SC.
3)ROMA assise à gauche/SC.
Pour cette officine, 6 coins de revers en commun avec l'officine A
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine D :34(15 pouvant être datés de début Juillet à début Aout 68 et 19 coins s'étalant de début Aout à fin Septembre 68)
Officine E (Rome,Fin Septembre/mi-Décembre 68 AD)
Légendes de « droit »
IMP SER SVLP GALBA CAES AVG TR P
IMP SER SVLPIC GALBA CAES AVG TR P
IMP SER SVLPICIVS GALBA CAESAR AVG
Types de portraits associés :
-Buste drapé et tête laurée à droite.
Revers associés :
Pour : IMP SER SVLP GALBA CAES AVG TR P/Buste drapé et tête laurée à droite.
1)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
2)LIBERTAS PVBLICA/SC.
3)ROMA assise à gauche/SC.
4)SPQR/O-B/CIVSER dans une couronne de feuilles.
5)Une victoire à gauche tenant une couronne de feuilles de chêne/SC.
Pour : IMP SER SVLPIC GALBA CAES AVG TR P/ Buste drapé et tête laurée à droite.
1)LIBERTAS PVBLICA/SC.
2)LIBERAS(sic)PVBLICA/SC.
3)Une victoire à droite tenant une couronne de feuilles/SC.
4)ROMA assise à gauche,à droite une jambière/SC.
Pour : IMP SER SVLPICIVS GALBA CAESAR AVG/ Buste drapé et tête laurée à droite.
1)ROMA assise à gauche,à droite une jambière/SC.
Pour cette officine, 3 coins de revers en commun avec l'officine C.
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine E :24, pouvant être datés d'entre Septembre et mi-Décembre 68.
Officine F (Lyon,Toute-fin Décembre 68/Jusqu'aprés le 15 Janvier 69 AD)
Légendes de « droit »
SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P P P
SER GALBA IMP CAESAR AVG PON M TR POT
SER GALBA IMP CAESAR AVG PON M TR P P P
Types de portraits associés :
-Tête laurée à droite munie d’un globe.(Pour les sesterces)
-Tête laurée à droite munie d’un globe.(Pour les dupondii et as)
-Tête laurée à gauche munie d’un globe .
Revers associés :
Pour les sesterces avec : SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P P P /Tête laurée à droite munie d’un globe .
1)VICTORIAE IMP GALBAE AVG
2)XXXX REMISSA
Pour les dupondii et as avec :SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P P P /Tête laurée à droite munie d’un globe .
1)LIBERTAS PVBLICA/SC.(dupondius)
2)FIDES PVBLICA/SC(dupondius)
3)(FIDES ? PVB) LICA une femme debout à gauche regardant vers la droite et tenant une
corne d’abondance à gauche/SC.
Pour les dupondii et as avec : SER GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P P P / Tête laurée à gauche munie d’un globe .
1)LIBERTAS PVBLICA/SC.
Pour les dupondii et as avec :SER GALBA IMP CAESAR AVG PON M TR POT/ Tête laurée à droite munie d’un globe .
1)ROMA assise à gauche/SC.
Pour les dupondi et as avec :SER GALBA IMP CAESAR AVG PON M TR P P P/ Tête laurée à droite munie d’un globe .
1)PAX AVG/SC.
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine F :2 pouvant être datés d'entre fin Décembre 68 et posterieurs à la mort de Galba le 15 Janvier 69 .
Officine G (Rome?Mi-Décembre 68/15 Janvier 69 AD)
Légendes de « droit »
IMP SER GALBA CAES AVG TRP
SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG TR P
SER SVLPI GALBA IMP CAE AVG P M TR P
SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P
Types de portraits associés :
-Tête laurée à droite.
-Buste drapé et tête laurée à droite.
-Tête laurée à droite munie d’un globe .
-Buste drapé et tête laurée à gauche.
-Tête laurée à droite avec égide.
-Tête nue à droite munie d’un globe.(Dupondii et as)
-Buste drapé et tête nue à droite.(Dupondii et as)
Revers associés :
Pour les sesterces avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)ADLOCVTIO /SC.
2)ADLOCVTIO/SC à l’exergue .
3)PIETAS AVGVSTI/SC.
Pour les sesterces avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Buste drapé et tête laurée à droite.
1)HONOS ET VIRTVS/SC
2)aesculapius SC.
3)MARS VICTOR debout de face /SC.
4)ADLOCVTIO/SC à l’exergue.
5)HISPANIA CLVNIA SVL
Pour les sesterces avec :SER SVLPI GALBA IMP CAE AVG P M TR P /Buste drapé et tête laurée à droite.
1)HONOS ET VIRTVS/SC.
Pour les sesterces avec :SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/ Tête laurée à droite munie d’un globe .
1)SENATVS PIETATI AVGVSTI/SC.
2)ADLOCVTIO/SC
3)HISPANIA CLVNIA SVL /SC
4)VICTORIA IMPERI ROMANI/SC
Pour les sesterces avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/ Buste drapé et tête laurée à droite.
1)HONOS ET VIRTVS/SC.
2)ROMA RESTI/SC.
Pour les sesterces avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/ Buste drapé et tête laurée à gauche.
1)ADLOCVTIO/SC à l’exergue.
2)LIBERTAS RESTITVTA/SC.
3)Aesculapius SC
4)HONOS TE (sic) VIRTVS/SC .
Pour les sesterces avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Tête laurée à droite avec égide.
1) HISPANIA CLVNIA SVL /SC.
2)Aesculapius SC.
3)ADLOCVTIO/SC.
4)MARS VICTOR debout de face/SC.
5)LIBERTAS RESTITVTA/SC.
6)ROMA assise à gauche/SC.
7)HONOS ET VIRTVS/SC.
Pour les dupondii et as avec :IMP SER GALBA CAES AVG TRP/Tête laurée à droite.
1)AEQVITAS/SC.
Pour les dupondii et as avec :SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG TR P/ laurée à droite.
1)AEQVITAS/SC.
2)PAXS AVGVSTI/SC.
3)SALVS AVGVSTI/SC.
4)Une victoire à gauche/SC.
Pour les dupondii et as avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Tête laurée à droite .
1)PAXS AVGVSTI/SC.
2)Trois étendards sur des proues de navires/SC.
3)SALVS AVGVSTI/SC.
Pour les dupondii et as avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Tête laurée à droite munie d’un globe .
1)Trois étendards sur des proues de navires/SC.
2)Une victoire à gauche/SC.
3)PROVIDENT ,un autel aux portes closes/SC.
Pour les dupondii et as avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Buste drapé et tête laurée à droite.
1)Une victoire à gauche/SC.
2)SALVS AVGVSTI/SC.
Pour les dupondii et as avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Buste nu à droite muni d’un globe .
1)Une victoire à gauche/SC.
2)PAXS AVGVSTI/SC.
Pour les dupondii et as avec : SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Buste drapé et tête nue à droite.
1)Trois étendards sur des proues de navires/SC.
2)Une victoire à gauche/SC.
3)AEQVITAS AVGVSTI/SC.
4)SALVS AVGVSTI/SC.
Pour les dupondii et as avec :IMP SER GALBA AVGVSTVS/Buste drapé et tête nue à droite.
1)AEQVITAS AVGUSTI/SC.
Pour les dupondii et as avec :IMP SER GALBA AVG TR P/Buste drapé et tête nue à droite.
1)SECVRITAS P ROMANI/SC.
Pour les sesterces:
Nombre total de coins de "droit" connus pour l'officine G :11, 3 coins anterieurs au 22 Decembre 68 date à laquelle Galba devint Pontifex Maximus et 8 posterieurs et s'étalant jusqu'au 15 Janvier 69 date de sa mort.
Les inclassées:
Pour les as avec: IMP SER SVLP GALBA CAES AVG TR P/Tête laurée à droite.
1)CERES AVGVSTA/SC.
Pour les as avec: SER GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Bute drapé et tête laurée à droite.
1)LIB AVG RX L / SC.
Réutilisation des coins ou des monnaies de Galba par des empereurs posterieurs:
Vitellius:
Monnaies émanant de l'officine G.
1)Une victoire à gauche tenant une couronne de feuilles/SC.(as ou dupondii)
2)SALVS AVGVSTI la santé debout à gauche appuyée contre un autel/S C.(as ou dupondii)
3)SECVRITAS ROMANI/S C à l'exergue.(as ou dupondii)
4)HONOS ET VIRTVS /S C à l'exergue.
5)trois enseignes ou étendards sur des proues de navires/S C.
Vespasien:
1)Avers:IMP CAES VESPASIAN AVG COS III/ Revers:trois enseignes ou étendards sur des proues de navires/S C.(As)
2)Avers:IMP CAES VESPASIAN AVG P M TR P P P COS II D III /Revers: SECVRITAS P ROMANI/S C.(As)
3)Avers:IMP CAES VESPASIAN AVG COS III/Revers:SECVRITAS P ROMANI/S C.(Dupondius)
4)Avers:IMP CAES VESPASIANVS AVG COS III/Revers:trois enseignes ou étendards sur des proues de navires/S C.(As)
Sesterces postumes de Galba réutilisés par Vitellius et Vespasien.
Pour :SER GALBA IMP CAESAR AVG TR P/Tête laurée à droite:
1)PP/OB/CIVES/SERVATOS/S C dans une couronne de feuilles.
2LIBERTAS PVBLICA/S C.
3)ADLOCVT à l exergue/S C ,Galba à gauche debout sur un podium et arrangant des soldats le regardant.
Pour:IMP SER SVLP GALBA CAES AVG TR POT/Buste drapé et tête laurée à droite:
1)ADLOCVT à l'exergue/S C ,Galba à droite debout sur un podium et arrangant des soldats le regardant.
As postume de Galba réutilisé par Vitellius et Vespasien.
Pour:SER SVLPI GALBA IMP CAESAR AVG P M TR P/Buste drapé et tête laurée à droite:
1)ADLOCVTIO à l'exergue/S C ,Galba à droite debout sur un podium et arrangant des soldats le regardant.(officine G)
CE TRAVAIL EST SUSCEPTIBLE D ETRE MODIFIE
Webus Masterum
14/01/09
Remerciements
Je remercie vivement le magazine Numismatique et Change pour son article élogieux concernant ma page internet dans le numero 400 du mois de Janvier.
31/12/08
Antonin le pieux 138/161 AD
Titus Aurelius Fulvus Boionius Arrius Antoninus
Atelier:Roma.
145/146 AD
Dimensions: 31mm/29,65grms.
Avers: ANTONINVS AVG PIVS PP TR P,tête laurée d'Antonin le pieux tournée à droite.
Revers: HONORI AVG COS IIII S/C . L'honneur debout à gauche tenant une branche de la main droite ,et une corne d'abondance de la gauche.
Réf: C.414 , RIC.772, BMC1683
Conservation:TTB+
RR
Titus Aurélius Fulvius Boionius Antonin le Pieux était, du côté de son père, originaire de la ville de Nîmes dans la Gaule Transalpine. Il eut pour aïeul Titus Aurélius Fulvius, qui, après avoir passé par différentes magistratures, fut deux fois consul, et enfin préfet de Rome ; pour père, Aurélius Fulvius, qui fut aussi consul, homme intègre et de mœurs pures ; pour aïeule maternelle, Boionia Procilla ; pour mère, Arria Fadilla ; pour grand-père du côté de sa mère, Arrius Antonin, deux fois consul, homme irréprochable, et qui plaignit Nerva d'occuper le trône ; pour sœur utérine, Julia Fadilla ; pour beau-père, par un second mariage de sa mère, Julius Lupus, personnage consulaire ; pour femme, Annia Faustina, fille d'Annius Vérus. Il eut deux fils et deux filles. L'aînée de celles-ci lui donna pour gendre Lamia Syllanus, et la plus jeune, Marc Antonin.Antonin le Pieux naquit dans une maison de campagne près de Lanuvium, le treize des calendes d'octobre, sous le douzième consulat de Domitien et le premier de Cornélius Dolabella. Il fut élevé à Lauris, sur la voie Aurélienne, et il y bâtit, dans la suite, un palais dont on voit encore aujourd'hui les restes. Il passa son enfance avec son grand-père maternel, puis avec son aïeul paternel, et il aima religieusement toute sa famille ; aussi ses cousins, le mari de sa mère et la plupart de ses parents, lui laissèrent-ils leur héritage.Il avait une beauté remarquable, l'esprit brillant, des goûts modérés, beaucoup de noblesse dans le visage et d'aménité dans le caractère, une éloquence peu commune, de belles connaissances en littérature. Il était singulièrement sobre, protecteur éclairé de l'agriculture, bon, libéral, point envieux du bien d'autrui, et tout cela avec mesure et sans ostentation. C'était, en un mot, un prince accompli, et qui, de l'avis de tous les gens de bien, mérite d'être comparé à Numa Pompilius. Il reçut du sénat le surnom de Pieux, soit parce qu'un jour, en présence de cette assemblée, il présenta la main à son beau-père affaibli par l'âge (ce qui, en vérité, ne justifie pas suffisamment ce titre, car il y a plus d'impiété à ne pas s'acquitter de ce devoir que de piété à le remplir) ; soit pour avoir sauvé la vie à ceux qu'Adrien, pendant sa maladie, avait ordonné de tuer ; soit parce qu'après la mort de ce prince il lui fit rendre, contre le sentiment général, des honneurs sans fin et sans mesure ; soit parce qu'Adrien ayant voulu se donner la mort, il sut, à force de vigilance et de soins, l'empêcher d'accomplir cette résolution ; soit enfin, ce qui est plus vraisemblable, à cause de sa bonté immense et du bonheur constant dont on jouit sous son règne. Il plaça son argent au denier trois, c'est-à-dire au plus bas intérêt, et il aida de son patrimoine un grand nombre de personnes. Il signala sa questure par des libéralités, sa préture par ses magnificences. Il partagea le consulat avec Catilius Sévère. Il passa presque tout le temps de sa vie privée à la campagne, et il se conduisit partout avec distinction. Adrien le mit au nombre des quatre consulaires à qui était confiée l'administration de l'Italie, et lui donna le gouvernement de la partie de ce territoire où il avait le plus de possessions, conciliant ainsi la gloire et la tranquillité d'un tel homme.Tandis qu'il gouvernait l'Italie, un présage lui fut donné de son avénement à l'empire. En effet, au moment où il montait sur son tribunal, il entendit, entre autres acclamations, ces paroles : «Auguste, que les dieux vous conservent !» Il surpassa dans son proconsulat d'Asie la gloire de son aïeul, demeurée jusqu'à lui sans rivale. Il reçut encore, durant ces fonctions, un présage de l'empire ; car la prêtresse de Tralles, au lieu de le saluer de son titre, comme elle le faisait pour tous les autres, et de dire, «Salut, proconsul,» lui dit : «Salut, empereur.» Dans la ville de Cyzique, une couronne fut transportée de la statue d'un dieu sur la sienne. Après son consulat, un taureau en marbre, placé dans un verger, se trouva suspendu par les cornes aux branches d'un arbre, qui l'avait soulevé en grandissant. La foudre tomba, par un beau temps, dans sa maison, sans y causer aucun dommage. En Etrurie, des tonneaux qu'on avait enfouis furent trouvés sur le sol. Des essaims d'abeilles couvrirent ses statues dans toute l'étendue de ce pays. Il fut souvent averti en songe de placer l'image d'Adrien parmi ses dieux pénates.Il perdit sa fille aînée, au moment de partir pour son proconsulat. On a beaucoup parlé de sa femme, à cause de sa vie déréglée et licencieuse, qui lui causa d'amers et secrets chagrins.Après son proconsulat, il vécut habituellement à Rome, fut souvent appelé aux conseils d'Adrien, et se déclara toujours, dans les affaires soumises à son expérience, pour le parti de la douceur.Voici comme on prétend que se fit son adoption. Après la mort d'Elius Vérus, à qui Adrien avait donné, en l'adoptant, le titre de César, on assembla le sénat. Arrius Antonin s'y rendit, aidant son beau-père à marcher ; et ce fut, dit-on, ce qui le fit adopter par Adrien. Mais ce motif ne peut ni ne doit certainement avoir été le seul, Antonin ayant toujours bien mérité de la république, et s'étant distingué, dans son proconsulat, par la pureté de ses mœurs et par l'utilité de ses actes. Lors donc qu'Adrien eut fait connaître qu'il voulait l'adopter, on fixa un terme à Antonin pour déclarer s'il agréait l'adoption. La loi de cette adoption fut que, comme Adrien adoptait Antonin, celui-ci, à son tour, adopterait M. Antonin, fils de son beau-frère, et L. Vérus, connu dans la suite sous le nom de Vérus Antonin, et fils de cet Elius Vérus adopté par Adrien. Antonin fut adopté le cinq des calendes de mars. Il remercia son père, en présence du sénat, de sa bienveillance à son égard, et il fut nommé collègue de l'empereur dans le commandement proconsulaire et la puissance tribunitienne.Le premier trait qu'on cite de lui depuis son adoption, c'est que sa femme ayant blâmé sa réserve dans je ne sais quelle largesse faite à ses gens, il lui dit : «Sachez donc, insensée, que, depuis que nous sommes appelés à l'empire, ce que nous avions ne nous appartient plus.» Il donna, sur sa propre fortune, un congiaire aux soldats et au peuple, et tout ce qu'Adrien avait promis. Il contribua, pour une grande part, à l'achèvement des ouvrages commencés par ce prince. Il remit à l'Italie tout le coronaire offert à l'occasion de son adoption, et la moitié aux provinces.II fut religieusement soumis à Adrien, pendant toute la vie de cet empereur. Celui-ci étant mort à Baies, il transporta ses restes à Rome avec de grandes marques de respect et de vénération, et il les déposa dans les jardins de Domitia. Il le plaça même au rang des dieux, malgré une opposition unanime. Il permit au sénat de donner à sa femme Faustine le titre d'Augusta et il accepta le surnom de Pieux. Il agréa les statues qu'on décerna à son père, à sa mère, à ses aïeux et à ses frères, qui étaient déjà morts. A l'exception des jeux du cirque, destinés à célébrer l'anniversaire de sa naissance, il refusa tous les honneurs qu'on voulut lui rendre. Il consacra un bouclier magnifique à Adrien et lui donna des prêtres. A son avénement au trône, il ne remplaça aucun de ceux à qui cet empereur avait donné des charges. Il était si constant dans ses choix, qu'il laissa pendant sept ans et même pendant neuf, dans leurs provinces, les gouverneurs qui s'y conduisaient bien.Il fit plusieurs guerres par ses lieutenants. C'est ainsi que Lollius Urbicus vainquit les Bretons, et fit élever un second mur de gazon après avoir repoussé ces barbares. Les Maures furent réduits à demander la paix. Les gouverneurs de provinces et ses généraux soumirent les Germains, les Daces, plusieurs autres peuples, et les Juifs, qui s'étaient révoltés. Il étouffa aussi des rébellions en Achaïe et en Egypte.Il réprima plus d'une fois les Alains, qui se remuaient. Il prescrivit à ses délégués de mettre beaucoup de douceur dans la perception des impôts, et il fit rendre un compte exact de leur conduite à ceux qui sortaient des bornes de la modération. On ne le vit jamais se réjouir d'un profit qui était une charge pour les provinces. Il écoutait avec bonté les plaintes qu'on lui faisait de ses intendant. Il demanda au sénat la grâce de ceux qu'Adrien avait condamnés, disant que ce prince la leur eût donnée, s'il eût vécu. Il tempéra par une extrême affabilité la majesté impériale, qui ne fit qu'y gagner, au grand regret des courtisans, lesquels ne pouvaient plus, sous un prince habitué à tout faire par lui-même, ni effrayer les peuples, ni vendre en secret les emplois. Il eut, empereur, autant d'égards pour le sénat qu'il avait désiré, simple citoyen, que l'empereur en eût pour lui. Il reçut avec la plus vive reconnaissance le titre de Père de la Patrie, que lui offrit le sénat, et qu'il avait refusé une première fois.Il perdit son épouse Faustine, la troisième année de son règne. Le sénat lui rendit les honneurs divins, et lui décerna des jeux dans le cirque, un temple, des prêtresses, et des statues d'or et d'argent. Lui-même consentit que l'image de cette impératrice fût portée dans tous les jeux du cirque, et il accepta la statue d'or que le sénat voulut lui ériger.Sur la demande de cette assemblée, il créa consul M.Antonin, qui était questeur; et il désigna pour la questure, avant l'âge, Annius Vérus, qui fut dans la suite appelé Antonin. Il ne statuait rien concernant les provinces, il ne prenait aucune mesure importante, avant d'en avoir conféré avec ses amis, et ses édits n'étaient que l'expression de leur opinion. Il les recevait vêtu comme un simple particulier, et occupé de ses affaires domestiques.Il gouverna les peuples qui lui furent soumis avec un soin aussi vigilant que si eux et leurs biens lui eussent appartenu. Toutes les provinces furent florissantes sous son règne. Les délateurs disparurent. La confiscation des biens devint plus rare que jamais ; un seul citoyen, Attilius Tatien, coupable d'avoir aspiré à la tyrannie, vit mettre ses biens en vente, et ce fut le sénat qui lui infligea cette peine. L'empereur ne voulut pas qu'on recherchât ses complices, et il aida son fils dans toutes les occasions. Convaincu du même crime, Priscien périt, mais par une mort volontaire ; et Antonin fit défense d'approfondir cette conjuration.Antonin le Pieux mit dans sa manière de vivre une opulence sans faste et une économie sans avarice. Ses propres esclaves, ses oiseleurs, ses pêcheurs, ses chasseurs, pourvoyaient seuls aux besoins de sa table. Il ouvrait gratuitement ses bains au peuple, quand il s'était baigné. Il ne changea rien aux habitudes de sa vie privée. Il supprima les honoraires de plusieurs citoyens, qui les recevaient sans les gagner ; et il disait «qu'il n'y avait rien de plus contraire à la justice et même à l'humanité, que de laisser la république en proie à des oisifs qui ne lui rendaient aucun service.» C'est aussi ce qui lui fit diminuer la pension du poète lyrique Mésomède. Il connaissait exactement les revenus et les impôts des provinces. Il assura à sa fille le bien qu'il possédait en propre, mais il en donna les revenus à la république. Il vendit ceux des meubles et des biens de la couronne qui lui parurent superflus, et il vécut dans chacune de ses propres terres alternativement et selon les saisons. Il n'entreprit de voyages que pour visiter les possessions qu'il avait dans la Campanie, disant «Que le train d'un prince, même économe, est toujours à charge aux provinces» ; et quoiqu'il se tînt à Rome, afin de recevoir plus tôt les nouvelles qui y affluaient comme au centre de l'empire, il n'en eut pas moins une grande autorité sur toutes les nations.Il donna le congiaire au peuple et y ajouta le donatif aux soldats. Il consacra, en mémoire de Faustine, un fonds spécial à l'entretien de jeunes filles qui furent appelées Faustiniennes.Les ouvrages que lui doit Rome sont le temple d'Adrien, dédié à ce prince ; le Grécostade, rebâti après un incendie ; l'amphithéâtre réparé ; le sépulcre d'Adrien, le temple d'Agrippa, le pont sur pilotis, la restauration du Phare, le port de Caïète, des réparations à celui de Terracine, les bains d'Ostie, les aqueducs d'Antium, les temples de Lanuvium. Il accorda des secours en argent à un grand nombre de villes, soit pour construire de nouveaux édifices, soit pour en réparer d'anciens.Il donna aussi à des magistrats et à des sénateurs de Rome les moyens de soutenir leur dignité. Il refusa les successions de tous ceux qui avaient des fils. Il statua le premier qu'un legs fait àquelqu'un qui aurait mérité un châtiment ne serait pas valable. Il ne donna jamais de successeur à un bon juge, de son vivant, excepté au préfet de Rome, Orphitus, lequel en demanda un. Gavius Maximus fut sous lui préfet du prétoire durant vingt ans : c'était un homme fort austère ; il eut pour successeur Tatius Maximus. Celui-ci mort, l'empereur créa deux préfets, Fabius Répentinus et Cornélius Victorin. Mais le premier resta flétri du soupçon d'avoir obtenu cette place par une concubine du prince. Il est si vrai qu'aucun sénateur ne fut mis à mort sous Antonin, qu'un membre de cet ordre, qui s'avoua parricide, fut jeté dans une île déserte, parce que les lois de la nature le condamnaient à mourir. On vit Antonin remédier à une disette en achetant de ses propres deniers du vin, de l'huile et du blé, qu'il fit distribuer gratuitement au peuple.Son règne fut marqué par les malheurs suivants : la famine dont nous venons de parler ; la chute du cirque ; un tremblement de terre, qui détruisit, dans l'île de Rhodes en Asie, plusieurs villes que ce prince fit reconstruire entièrement. Il y eut à Rome un incendie qui consuma trois cent quarante maisons isolées ou contiguës. La cité de Narbonne, la ville d'Antioche et le forum de Carthage furent la proie des flammes. Le Tibre déborda ; il parut une comète chevelue ; un enfant naquit avec deux têtes, et une femme accoucha de cinq enfants à la fois. On vit en Arabie un serpent à crinière, d'une grandeur extraordinaire, et qui se dévora depuis la queue jusqu'au milieu du corps. Ce pays fut aussi affligé de la peste. On vit, dans la Mésie, de l'orge croître sur la cime des arbres. Enfin quatre lions, dépouillant leur férocité, se laissèrent prendre volontairement en Arabie.Le roi Pharasmane vint trouver Antonin à Rome, et lui témoigna plus de déférence qu'à Adrien. L'empereur donna Pacore pour roi aux Lades. Il n'eut besoin que d'une lettre pour détourner le roi des Parthes du dessein d'attaquer les Arméniens. Son autorité suffit pour éloigner de l'Orient le roi Abare. Il termina les démêlés qu'avaient entre eux quelques rois. Il refusa au roi des Parthes, qui le réclamait, le siège royal que leur avait pris Trajan. Il renvoya Riméthalce dans le royaume du Bosphore, après avoir pris connaissance des différends qui s'étaient élevés entre lui et l'intendant de la province. Il envoya dans le Pont des secours aux Olbiopolites contre les Tauro-Scythes, et il obligea ceux-ci à donner des otages aux premiers. Personne n'eut plus d'ascendant que lui sur les nations étrangères, quoiqu'il eût toujours recherché la paix ; et il répétait souvent ce mot de Scipion : «Qu'il aimait mieux conserver un seul citoyen que de tuer mille ennemis.»Le sénat avait décrété que les mois de septembre et d'octobre seraient appelés Antonien et Faustinien ; mais il s'y refusa. Il célébra avec une grande magnificence le mariage de sa fille Faustine avec Marc Antonin, et il accorda même, à cette occasion, un donatif aux soldats. Il nomma Vérus Antonin consul après sa questure. Il avait fait venir de Chalcis le philosophe Apollonius, et l'avait mandé au palais de Tibère, où il habitait, pour lui confier l'éducation de Marc Antonin. Le philosophe lui ayant dit «que ce n'était pas au maître à aller trouver le disciple, mais au disciple à venir trouver le maître,» Antonin lui répondit en riant : «Il a été plus facile à Apollonius de venir de Chalcis à Rome que de sa maison dans ce palais.» Il remarqua aussi sa cupidité dans la question des honoraires. Une preuve, entre autres, de la bonté d'Antonin, c'est que, voyant Marcus pleurer la mort de son gouverneur, et les courtisans l'empêcher d'en témoigner son chagrin, il leur dit : «Permettez-lui d'être homme : ni la philosophie ni le diadème ne détruisent les affections.»Il enrichit ses préfets et les gratifia des ornements consulaires. S'il condamna quelques citoyens pour crime de concussion, il rendit leur patrimoineà leurs enfants, mais à la charge de restituer aux provinces ce qui leur avait été extorqué. Il se montra toujours très disposé à faire grâce. Il donna des jeux dans lesquels on vit des éléphants, des léocrocottes, des strepsicérotes, des crocodiles, des hippopotames, des tigres, et une infinité d'animaux tirés de toutes les contrées de la terre. Il fit aussi lâcher cent lions à la fois.Sur le trône, il ne se conduisit pas autrement avec ses amis qu'il n'avait fait avant d'y monter. Aussi n'eurent-ils jamais recours, pour trafiquer de leur crédit, à l'entremise de ses affranchis, envers lesquels il était fort sévère. Il aima le talent des acteurs : ses plus grands plaisirs étaient la pêche, la chasse, la promenade avec ses amis et la conversation. Il passait avec eux, comme un simple particulier, le temps des vendanges. Il accorda, dans toutes les provinces, des distinctions et des appointements aux rhéteurs et aux philosophes. Quelques écrivains attribuent à d'autres les discours publiés sous son nom ; mais Marius Maximus prétend qu'ils sont bien de lui. Ses amis étaient invités àses repas particuliers ou publics. Jamais il ne se fit suppléer pour un sacrifice, à moins qu'il ne fût malade. Quand il sollicitait des dignités pour lui ou pour ses fils, il le faisait comme les autres citoyens. Lui-même assista souvent aux festins de ses amis. Entre autres preuves manifestes de la douceur de son caractère, on cite le trait suivant : Il s'était rendu chez Omulus, et, frappé de la beauté de certaines colonnes de porphyre, il lui demanda d'où il les avait tirées ; à quoi Omulus répondit : «Quand tu entres dans la maison d'autrui, sois muet et sourd» ; plaisanterie que le prince prit fort bien, comme il prenait d'ailleurs toutes celles d'Omulus.Il s'occupa beaucoup de la jurisprudence, aidé des lumières de Vinidius Vérus, de Salvius Valens, de Volusius Métianus, d'Ulpius Marcellus, et de Jabolénus. Il apaisa, sans recourir à des moyens cruels, par sa prudence et son autorité, toutes les séditions qui éclatèrent. Il défendit d'enterrer les morts dans l'enceinte des villes. Il régla la dépense des combats de gladiateurs. Il mit une extrême attention à modérer l'usage des voitures. Il rendit compte au sénat et au peuple de tout ce qu'il fit.Il mourut âgé de soixante et dix ans, et il fut regretté comme s'il eût été enlevé à la fleur de l'âge. Sa mort arriva, dit-on, ainsi : ayant mangé, un soir, avec trop d'avidité d'un fromage des Alpes, il eut des vomissements pendant la nuit, et, le lendemain, quelque ressentiment de fièvre. Le troisième jour, voyant que le mal empirait, il recommanda à M. Antonin la république et sa fille, en présence des préfets ; et il fit porter chez ce prince la statue d'or de la Fortune, qui est toujours dans la chambre à coucher des empereurs. Il donna pour mot d'ordre au tribun de service : égalité d'âme ; et se tournant ensuite, comme s'il voulait dormir, il rendit l'esprit dans sa maison de Lori. Dans les moments où la fièvre affectait sa tête, il ne parlait que de la république et des rois qui l'avaient mécontenté. Il laissa son patrimoine à sa fille, et, dans son testament, des legs convenables à tous les siens.Il était grand et bien fait. Mais l'âge l'ayant à la fin courbé, il portait, pour se tenir droit en marchant, une espèce de corps fait de tablettes de tilleul. Dans sa vieillesse, il prenait, avant de recevoir ceux qui venaient le saluer, un peu de pain sec pour soutenir ses forces. Sa voix, quoique un peu rauque, était sonore et même agréable.Le sénat le mit au rang des dieux, de concert avec tous les citoyens, qui louaient à l'envi sa piété filiale, sa clémence, son esprit, et la pureté de ses mœurs. On lui décerna aussi tous les honneurs accordés jusque là aux meilleurs princes. Il eut un flamine, des jeux dans le cirque, un temple, et des prêtres appelés Antoniniens.De tous les empereurs, il fut le seul qui, autant que cela put dépendre de lui, vécut sans répandre ni le sang des citoyens ni celui des ennemis ; et on peut avec raison le comparer à Numa, dont il eut le bonheur, la piété, la tranquillité sur le trône, et les honneurs après sa mort.
Wikisources
07/12/08
Plan de l'antique Roma.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.Puis une fois chargée positionnez vous sur le plan avec le curseur de la "souris", cliquez une fois de plus pour zoomer et voyager ainsi dans l'antique capitale.
06/12/08
Place et histoire du Quadrigatus au sein du monnayage primitif Romain ,répartition des principales trouvailles de "trésors" .
Une ligne indique une relation définie,les pointillés une relation probable.
Les étoiles rouges symbolisent les trésors monétaires contenant des Quadrigati.
Sources: "La numismatique Romaine de la république au haut empire"Andrew Burnett,traduction Georges Depeyrot
Classification par type stylistique
Groupe1: légende incuse dans une tablette :
- Tablette rectangulaire
- Tablette Trapézoidale
Groupe2 :légende « mixte »
Groupe3 :légende en relief sur une tablette
Groupe4 :légende en relief dans un cartouche :
- Cartouche rectangulaire
- Cartouche trapézoidale
- Cartouche trapézoidale d’un côté réctangulaire de l’autre
Groupe5 :légende en relief avec le symbole de l’épis
Les ateliers de Quadrigati
A la suite des didrachmes,les Quadrigati ont été longtemps englobés dans le monnayage « Romano-campanien »,ce qui paraissait régler le problème de leur lieu d’émission au profit de la Campanie ,on chercha à déterminer le milieu artistique italien ou pouvait se pratiquer une manière de travailler aussi éclectique et dépourvue de sens stylistique que celle des graveurs de Quadrigati, et on conclu en faveur de la Campanie. Non pas la Campanie grecque, mais les villes Osques, en particulier Capoue et Calès. L’auteur de cette théorie ,L.Breglia pensait étayer sa conclusion en comparant les Quadrigati aux bronzes campaniens qui s’avérèrent au contraire être des imitations des Quadrigati ,postérieurs d’une vingtaine d’années à leur création.
Une autre école de pensée attribuait au Quadrigatus une origine sicilienne en s’appuyant essentiellement sur des arguments typologiques. Le fait que seuls les Quadrigati au symbole de l’épi soient incontestablement frappés en Sicile incite à renoncer à cette hypothèse.
En revanche ,l’idée selon laquelle les Quadrigati furent en totalité ou en partie de frappe romaine urbaine est apparue rapidement. D’Ailly l’exprime sans ambiguité (Mon.rom .I,p155). H.Mattingly s’y rallia à son tour (The first age of roman coinage,JRS XXXV,1945,p.69-74 ;id.,The various style of roman coinage,NC6 IX,1949,p.64-66.): Fidèle à la théorie des quatre ateliers qu’il avait déjà dévellopé pour les Didrachmes, il admettait que le Quadrigatus avait commencé à être frappé à l’atelier A (Rome) dans le même temps (entre 235 et 218) que les Didrachmes ROMA étaient frappés ailleur. Par la suite ,la frappe des Quadrigati s’était étendue à des ateliers auxiliaires tout comme celle du bronze Janus /Proue. Mattingly divisait la production de Quadrigatus en six styles différents. Le premier, le style A, provenait de l’atelier de Rome et continuait à la manière du Didrachme Syd.6, avec la facture caractéristique de l’œil et de l’arcade sourcilière.Les trois styles suivants , B,C et D qu’il ne faut pas confondre avec les quatre ateliers de Didrachmes, étaient des variétés ou des dérivés du style A. Les deux derniers styles , E et F, étaient attribués l’un à un atelier non romain ,l’autre à un atelier sicilien.
La comparaison des Quadrigati avec des séries de bronzes à la proue avait montré à H.Mattingly que les pièces frappées des réductions de l’aes grave suivaient l’évolution stylistique des Quadrigati, principalement celle du style A. Il exprimait donc l’espoir que l’on trouverait un jour des as et aussi des victoriati (qu’il croyait alors contemporains des Quadrigati) qui correspondraient à toutes les variétés stylistiques des Quadrigati. En réalité sa théorie souffre de plusieurs erreurs de chronologie relative,surtout pour les rapports entre les Didrachmes, les Quadrigati et les Victoriati . Elle s’appuie aussi sur un classement peu rationnel des Quadrigati . Enfin elle n’explique que difficilement ce que sont devenus les quatre ateliers de Didrachmes après le généralisation de Quadrigatus. Ses mérites sont cependant d’attribuer à Rome une bonne part des émissions, et aussi d’étudier d’une manière parallèle l’évolution des Quadrigati et celle de l’aes grave à la proue.
C’est en faveur de Rome que s’exprimait la conviction de P. le Gentilhomme : « Nous ne voyons pas la nécessité de refuser à l’atelier du Capitole les plus beaux produits de ce monnayage » ; seul à son avis, le groupe de Quadrigati marqué du symbole de l’épi relève avec certitude d’un atelier non romain, probablement sicilien. Enfin , R.Thomsen ( ERC III,p.164sqq. ;Id.,Quadrigatus,in P .W.,RE XXIV ,col.705.) a démontré d’une façon que nous croyons définitive que les Quadrigati dont le style continue celui des Didrachmes Syd.6 et 21 ROMANO et des Didrachmes ROMA, ont été frappés à l’origine par l’atelier de Rome.
La démonstration de L. Breglia prend ici un relief nouveau et nous permet d’aboutir à une conclusion que son auteur ne prévoyait pas, mais qui nous parait néanmoins assurée : Au moment de la création du Quadrigatus, P .Le Gentilhomme croyait en la présence d’artistes grecs à Rome, mais les méthodes de travail employées pour en composer les effigies interdisent semble t’il cette hypothèse. Or en s’appuyant sur des analyses très suggestives de H.B Mattingly, R. Thomsen à montré que le style particulier des premières pièces d’argent frappées au Capitole,les Didrachmes Syd.6 et Syd.21, pourrait être dû à la présence d’une équipe d’artistes venus d’Alexandrie.
Mais cette équipe même si elle à été renouvelée à l’occasion,n’a pas pu être maintenue indéfiniment.On lui à sans doute demandé de former des élèves, afin de doter l’atelier de Rome de graveurs qualifiés. C’est pourquoi il semblerait que l’introduction du Quadrigatus vers 228 av JC marqua l’avènement d’une première génération de graveurs proprement romains. Plein de zèle ils manifestèrent devant l’art grec un vif désir d’imiter et d’assimiler. Aussi les virent-on puiser indistinctement dans le trésor des effigies monétaires grecques, mais livrés à eux-mêmes ,le niveau de leur production baissa.
Plus tard , en liaison avec l’énorme effort de guerre que Rome fournit contre Hannibal tant en Italie même qu’en Sardaigne et en Sicile, très vite le seul atelier de Rome se révéla insuffisant.
Etudiant un trésor trouvé à Syracuse et enfoui sans doute en 214 av JC avant le siège de la ville , Mattingly à montré que la grand variété de styles qu’on remarque parmi les Quadrigati de ce trésor, et qui sont tous à peu près de la même fraicheur, indique que la deuxième guerre punique à provoqué une grande diffusion de la production monétaire, et l’ouverture de plusieurs ateliers succursales de celui de Rome pour la frappe des Quadrigati. C’est ce que montrent également les Quadrigati qui portent le symbole de l’épi et qui ont été frappés pour les besoins de Marcellus en Sicile.
Ces ateliers devaient travailler vite pour émettre , avec des moyens restreints ,d’immenses quantités de monnaies, les méthodes de multiplication des coins n’étant pas au point , il est naturel que la facture subit une forte baisse. Le recrutement des graveurs , aussi ,devait être de plus en plus aléatoire .
Avec la création du Denier, on procéda à une réorganisation générale,sans doute avec l’aide d’un nouvel afflux de cadres grecs. Ce nouveau départ explique bien la haute qualité des premiers Denier tout comme l’avait été celle des premiers Quadrigati .
Sources : Zehnacker
Exemple de Quadrigatus trés soigné du premier style (A) reconnaissable aux favoris longs et aux deux petits anneaux au sommet d'une tête Janiforme exceptionnelle et fortement hellenisée; la forme en léger arc de cercle de la troncature du coup est elle aussi caractéristique des plus anciens exemplaires de ce type de monnayage. Au revers ( voir haut de page) inscription ROMA incuse dans une tablette réctangulaire . Lettre A de style complètement grec.
Cliquez sur les images pour les agrandir.
03/12/08
les monnaies Impériales romaines se présentent à nous avec une série complète de portraits impériaux. Le réalisme de ces types est une des caractéristiques principales de ces monnaies; grâce à elles, les images des souverains de Rome sont aujourd'hui bien mieux connues que celles de la plupart des souverains du Moyen Age ou même des temps modernes.
Ces monnaies familiarisent rapidement le collectionneur avec le profil des différents empereurs, au point qu'il est assez facile d'identifier une monnaie sans même en lire la légende. Cependant ceci n'est pas valable pour toutes les périodes de l'Empire car l'art du portrait réaliste a décliné vers la fin de l'empire, pour produire des portraits stéréotypes qui ne sont pas sans intérêt artistique mais ne permettent plus d'avoir une image très précise de l'aspect des dirigeants de l'Empire.
Les portraits monétaires réalistes sont parfaitement maîtrisés par les graveurs de monnaies au début de l'Empire.
Expression saisissante du visage et portrait magnifique sur ce sesterce de Galba(68/69 AD).Le graveur (ici trés certainement un maître) a su reproduire sur le "bronze"en plus du réalisme, dureté et fermeté ,deux traits de caractère reconnus et voulus par le vieil empereur(cette rigueur conservatrice sera d'ailleur l'un des moteurs de sa fin tragique).
C'est dans l'art Grec que les artistes romains ont trouvé leurs modèles. Horace n'a-t-il pas dit que Rome avait conquis la Grèce, mais que l'Art Grec avait conquis Rome ?
Cependant les graveurs romains n'ont pas été seulement des copiste fidèles et serviles. Ils ont su créer leur propre art, leur style original, un style typiquement romain.
La période des empereurs Flaviens fut une des plus favorables aux Arts, qui ont atteint leur plus haut degré de perfection sous les règnes des Empereurs Trajan et Hadrien. Sous les règnes de ces deux empereurs, les monnaies sont rarement inférieures aux pièces frappées au cours des meilleures périodes de l'art monétaire Grec. Et si peut-être ces monnaies sont inférieures quand à l'idéal qu'elles véhiculent, elles sont supérieures en ce qui concerne le réalisme.
On peut cependant voir apparaître les premiers symptômes d'une décadence de l'art de graver les monnaies sous les derniers jours des Antonins. Cette dégration s'est peu à peu accentuée, pour atteindre son maximum au IIIème siècle, alors que l'Empire connaissait de très graves troubles intérieurs et extérieurs.
La superbe série de portraits qui forme un des grands centres d'intérêt des monnaies Impériales romaines est devenu peu à peu de moins bonne qualité, se transformant lentement en une autre forme d'art monétaire, radicalement différent, sous Constantin, au début du IVème siècle. La dégradation de la qualité des types est incontestable au IVème siècle; l'attention portée à la qualité de la gravure des monnaies décline jusqu'à la chute finale de l'Empire Romain d'Occident.
La plupart des portraits de la série des monnaies impériales romaines sont très populaires et bien connus des collectionneurs. Malgré tout, certains de ces portraits sont particulièrement rares et donc moins bien connus. Il est probable qu'aucun collectionneur ne peut prétendre posséder des séries complètes de portraits des monnaies impériales romaines : même les plus grands Musées ne les possèdent pas !
Les portraits des Empereurs sont parfois figurés tête nue, parfois couronnés ou voilés, selon les circonstances. D'ailleurs il n'est pas toujours évident de comprendre la signification de ces différents attributs.
On comprend bien que le port d'un voile était réservé aux impératrices, et parfois à certains empereurs qui étaient déifiés après leur décès. Les couronnes radiées servaient à distinguer les Dupondii des As au cours du premier siècle de l'Empire, puis il a servi à distinguer les Deniers des Antoniniens. Cependant, on ignore la signification de ces différents signes sur les autres monnaies. A partir du début du IVème siècle, les Empereurs sont représentés avec de nouveaux attributs : diadème et même parfois nimbes. L'Empire est désormais chrétien, c'est une nouvelle période qui s'ouvre.
Article tiré de l'excellent site numismatique: http://www.sacra-moneta.com/
07/10/08
Un modèle monétaire retrouvé ?
Galba , dirige l'Empire Romain entre 68 et 69 AD. C'est l'un des empereurs dit "rare" pour tout numismate .L'art statuaire concernant ce personnage est lui aussi assez restreint ,souffrant du caractère éphémère de son règne interrompu tragiquement prés du lac Curtius sur le forum romain ,au mois de Janvier 69.Nombre de ses monnaies de bronze furent frappées par l'atelier de Rome dans 7 officines dénommées A,B,C,D,E,F,G( C.M Kraay ,the Aes coinage of Galba,1956).Cet exemplaire au style hautement réaliste fut émis par l'officine D vers la fin de l'été 68 .De nombreuses et troublantes similitudes avec l'un des bustes du vieil empereur laisserait à penser que le "scalpatore"(ouvrier monétaire et dans ce cas artiste graveur) eu été directement inspiré par ce marbre si particulier pour réaliser le "coin" de "droit" du sesterce . On peut en effet constater et ce malgré un léger parallaxe entre la monnaie et la sculpture(dû à la prise de la photographie), que les proportions et formes des principaux éléments anatomiques du visage s'emboîtent de façon étonnante . Dans le but de réaliser ce montage ,j ai inversé la position du visage sur la monnaie afin qu'il se trouve côté gauche à l'identique de la statue.Le résultat parle de lui même...



















